Deux fans d'escape game examinent un petit meuble éclairé

Blog Step into the DarkVerse

Fans d'escape game

Gijs Geers 9 min de lecture

Ma plus grande leçon des tout débuts

Quand DarkPark a ouvert en 2013 l'un des tout premiers escape games des Pays-Bas, les fans d'escape game n'existaient pas encore. Je me souviens très bien qu'après le passage de la première équipe venue tester The Dentist, le moral m'est tombé dans les chaussettes. Rien de ce que j'avais imaginé ne s'était passé comme prévu. Au lieu de 60 minutes, cette pauvre équipe était restée enfermée plus de 2 heures. Ils ne comprenaient rien aux énigmes, d'où la frustration chez les joueurs et la panique chez moi. Une fois la session terminée, je n'avais qu'une envie : attraper une boîte d'allumettes et réduire tout ce bazar en cendres.

À ma grande surprise, ils sont quand même ressortis enthousiastes. Ils n'avaient jamais rien fait de pareil et n'avaient aucune idée du temps qu'ils avaient passé à l'intérieur. J'ai décidé de ranger les allumettes et de sortir mon carnet rempli de notes. Il fallait tout changer ! Il me restait 1 h 30 avant l'arrivée de l'équipe suivante. Assez de temps pour faire des ajustements.

Ça s'est révélé un peu trop ambitieux de ma part : après quelques retouches rapides à une seule énigme, ils étaient déjà devant la porte. Je me suis préparé à deux bonnes heures de plus à me ronger les ongles.

Après exactement 59 minutes, ils étaient dehors. Aucune frustration, rien. Tout s'était déroulé précisément comme je l'avais conçu. Ils trouvaient les énigmes logiques, avaient eu un game flow parfait (un mot qui n'existait pas encore du tout à l'époque) et étaient complètement emballés !

Et c'est resté comme ça depuis. Si j'avais tout modifié après mon expérience avec la première équipe, j'aurais complètement bousillé mon concept d'origine. Quelle chance de ne pas en avoir eu le temps.

La leçon que j'ai apprise à mes tout débuts, c'est qu'une expérience n'est rien de plus que ça : une expérience. Cette expérience-là a une valeur immense pour la personne qui l'a vécue, j'y reviendrai sûrement dans un autre article, mais jeter toute ta vision par-dessus bord sur la base d'une seule expérience ou d'un seul avis n'est pas une bonne idée. Ce n'est que lorsque plusieurs personnes butent sur la même chose qu'il est temps de réexaminer ton concept.

Les vagues de fans d'escape game

Quand tu ouvres un nouvel escape game, il y a toujours des vagues dans le genre de visiteurs qui passent la porte.

La première vague - les fans d'escape game

La première vague, ce sont les fans d'escape game. Des gens terriblement curieux de voir ce qu'il y a de nouveau sur le marché et qui veulent être les tout premiers à le vivre, pour pouvoir en parler aux autres fans d'escape game. Ce sont des joueurs expérimentés qui ressortent souvent bien avant la fin de l'heure. Si ce n'est pas le cas, tu sais, en tant que concepteur, qu'il va falloir tailler sérieusement dans le nombre d'énigmes, parce que c'est tout simplement trop, ou trop compliqué. En revanche, si les joueurs ressortent trop vite, pas de panique : la vague suivante arrive bientôt.

La deuxième vague - le bouche-à-oreille

La deuxième vague, ce sont les joueurs qui ont entendu dire par leurs amis que c'était génial et qui ont donc pris un billet. Ce ne sont pas toujours des joueurs expérimentés, et commence alors une période de désespoir, parce que soudain, presque aucune équipe n'arrive plus au bout de l'escape game dans le temps imparti. C'est le moment d'apporter de subtils ajustements, pour que des équipes de tous genres passent un bon moment dans l'escape game, sans frustration. Il faut juste veiller à ce que le désespoir ne te pousse pas à tout chambouler, parce que la vague suivante est en route.

La troisième vague - les amoureux des escape games

La troisième vague, ce sont les fans d'escape game qui savent qu'il faut laisser à une salle le temps de mûrir. Les maladies de jeunesse ont disparu, le maître du jeu est rodé et souvent, quelques nouveaux effets sont même venus s'ajouter. C'est le moment idéal pour savourer pleinement une salle, et cette vague de fans d'escape game le sait. Ces joueurs-là viennent pour se régaler. Je devrais peut-être plutôt appeler ce groupe de fans d'escape game des « amoureux des escape games ».

Pour celui qui a construit la salle, c'est la période la plus agréable. Ce que tu as construit te plaît, et le public qui passe voit ce que tu as essayé de faire et sait l'apprécier.

La quatrième vague - les fans d'horreur

Mais vient ensuite la quatrième vague, celle des fanas d'horreur. Ça ne vaut bien sûr que pour les escape games qui font peur, donc ceux qui ne font pas peur peuvent passer directement à la cinquième vague. Seulement voilà, nous, on est DarkPark, la peur est notre marque de fabrique, alors il faut d'abord qu'on survive à cette vague. Dans la deuxième vague, il y a généralement eu une équipe qui adore les expériences nouvelles et intenses, et cette équipe était tellement enthousiaste qu'elle l'a raconté à tous ses amis, qui se tiennent maintenant devant la porte. Ce ne sont pas des amateurs d'énigmes, ce sont des gens qui veulent hurler, courir dans tous les sens comme des dératés, pleurer de peur et raconter ensuite sur leur compte Instagram que c'est la chose la plus effrayante qu'ils aient jamais faite. Ce sont souvent des gens adorables, très enthousiastes, mais qui, dans leur enthousiasme, démolissent aussi la moitié de ton escape game. S'ensuit donc une phase où tu dois beaucoup réparer et où tu essaies de rendre un maximum de choses « à l'épreuve des brutes » (encore plus à l'épreuve des brutes que ce que tu avais déjà fait).

La cinquième vague - tout le monde en même temps !

Six mois ont passé, et la salle commence à bien mûrir. Arrive alors la cinquième et dernière vague. Tout le monde à la fois. Les fans d'escape game expérimentés alternent avec les néophytes de l'escape game et les fans d'horreur surexcités qui démolissent tout, et les maîtres du jeu s'y adaptent avec habileté. Il faut dire qu'ils ont déjà tout vu au moins une fois. C'est le test ultime. Est-ce que l'escape game est désormais assez fun, faisable et solide pour chaque type de joueur ? Oui ? Alors vient une période de vaguelettes de plus en plus petites, avec des joueurs de toutes sortes. Non ? Alors il faut t'y remettre, et fissa !

Les fans de DarkPark

Au début, il n'y avait pas encore de fans d'escape game. Il y avait simplement des gens qui avaient déjà joué à un escape game, et des gens qui n'y avaient jamais joué. Avec le temps, il y a aussi eu des gens qui avaient déjà joué à pas mal d'escape games (parfois une bonne centaine), et quelques rares personnes qui en avaient fait plus de 1 000. What the F*!

Et puis un jour, j'ai reçu le premier message de quelqu'un qui se disait fan de DarkPark. Pas simplement fan d'escape game, non, fan de DarkPark ! Encore une fois : What the F*!

Le test ultime

Dix ans plus tard, la nouvelle est tombée d'un coup : notre bâtiment de Delft allait être vendu. L'endroit où tout avait commencé en 2013 allait disparaître pour laisser place à des logements étudiants. Je ne pouvais rien y faire.

Ou peut-être que si ? C'était le test ultime. Au fil des ans, des centaines de personnes s'étaient déclarées fans de DarkPark. Et si ce groupe grandissant de fidèles était la solution à notre problème ?

On a lancé un crowdfunding. Moyennant un joli taux d'intérêt, les fans d'escape game pouvaient nous prêter leurs économies durement gagnées, pour tenter d'acheter le bâtiment nous-mêmes, tous ensemble. Le compteur était à 0. On avait trois mois pour réunir un million d'euros. Un voyage impossible était sur le point de commencer.

Le compteur était à 0. Qu'est-ce qui m'était passé par la tête ? Des fans d'escape game ? Des fans de DarkPark ? On n'était qu'un petit escape game de rien du tout, évidemment qu'ils n'allaient pas me prêter leur argent.

Le compteur était à 0. C'était absurde. Je m'étais ridiculisé. Tout le monde, chez soi, devait être en train de rire de moi à gorge déployée. Il fallait que je débranche tout ça au plus vite, sinon plus personne ne me prendrait jamais au sérieux !

Ça faisait maintenant plus de 60 secondes que je fixais le compteur, toujours à 0. 60 secondes ! Une éternité !

Ding ! C'était quoi, ce bruit ? Un premier fan venait d'investir. Dans DarkPark. En moi ! QUOIII ?

Ding. Encore un ! Ding, ding, encore deux !

Pendant quatre semaines, mon ordinateur n'a pas arrêté de faire ding. On avait trois mois, mais au bout de quatre semaines à peine, on avait atteint notre objectif. Pour la première fois de l'histoire, un escape game avait réussi à réunir un million d'euros grâce au crowdfunding. Un million d'euros ! Est-ce que j'avais déjà dit What the F* ?

The DarkVerse Family

DarkPark était sauvé ! Avec l'aide de nos fans, on avait réussi à acheter le bâtiment. On n'aurait plus jamais à partir d'ici !

Mais ce n'était pas le plus beau cadeau. Beaucoup de ceux qui m'ont confié leur argent ont aussi pris la peine de m'envoyer des messages d'encouragement, généreusement truffés de l'expression « fan de DarkPark ». Certains sont allés distribuer des flyers dans la rue pour nous, de leur propre initiative ! Des gens ont partagé notre campagne sur les réseaux sociaux, en ont parlé à leurs amis. Ils ont investi une deuxième, une troisième, parfois même une quatrième fois. Tout le monde a mis la main à la pâte pour atteindre ce montant et sauver DarkPark Delft du naufrage.

On aurait dit une grande famille de fans de DarkPark. The DarkVerse Family, qui voulait exprimer sa foi absolue en mon entreprise en m'inondant de messages. Je n'exagère pas en disant que pendant des semaines, je n'ai presque rien fait d'autre que répondre aux messages des fans. Exprimer ma gratitude.

L'avenir est Dark !

Avec The DarkVerse Family derrière moi, je vois un grand avenir pour DarkPark. Je sais maintenant que je ne fais pas ça tout seul. Qu'on a une équipe formidable chez DarkPark, je le savais déjà, mais découvrir qu'on était portés par autant de fans d'escape game m'a réchauffé le cœur.

Ce groupe grandissant de gens qui se sentent membres de The DarkVerse Family, c'est ma raison de continuer, même quand ça ne va pas. De belles personnes, hors du commun, adorables, serviables, qui ont le cœur bien placé. Des fans d'escape game qui ont vraiment fait une place à DarkPark dans leur cœur, et qui se sont ainsi fait une place toute particulière dans le mien. Des gens qui me donnent l'inspiration et la motivation de continuer à bâtir mon rêve, parce que depuis longtemps, ce n'est plus seulement mon rêve, mais un rêve auquel de plus en plus de gens se sont mis à croire. Un rêve plus grand que des salles dont il faut s'échapper et des énigmes à résoudre. Un rêve qui redonne de l'espoir dans une époque agitée. Un rêve qui redonne aux gens le sentiment d'être uniques, alors que plus personne ne fait attention aux autres depuis l'arrivée des smartphones et des réseaux sociaux. Un rêve de gens, par des gens, pour des gens. Un rêve dans lequel tu redeviens le centre de ta propre histoire. You are the Story!

L'avenir est Dark. Mais dans ce cas-là, c'est très positif !

YOU ARE THE STORY

DÉCOUVRIR TOUS LES ESCAPE GAMES DARKPARK →

WHAT'S YOUR NEXT ADVENTURE?

RÉSERVER MAINTENANT Annulation GRATUITE jusqu'à 48 heures à l'avance !